La folie Blistène = rires de hyène

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Il était une fois… ainsi aurait pu commencer Le Passé imposé de François Blistène, publié aux éditions du Sonneur. Il a préféré démarrer son roman par « Aussi rapidement que certains attrapent un rhume, Philippe Pontagnier se retrouva orphelin. » et on ne lui en veut pas… Nous voilà donc partis dans un conte contemporain, entre le Petit Poucet et Hansel et Gretel, largement servi par un humour corrosif.

Ainsi ce Pontagnier, ogre moderne, une fois trouvée l’épouse – que dis-je ? – la femelle, la génitrice grâce aux annonces du Chasseur français (c’est énorme !), enferme ses enfants dans son étrange demeure à elle seule un personnage, sans contact avec l’extérieur, ni avec la modernité. Tous les livres présents dans la bibliothèque s’arrêtent à la Seconde Guerre mondiale, pas autre chose que des disques de musique classique, pas de voiture, finalement plus d’époque, pas de lieu géographique. Où sommes-nous ? La construction floute tout cela à merveille pour le lecteur, on voit passer à tour de rôle au long de l’intrigue un bizarre professeur à domicile pour les héritiers, un docteur Mengele (si si !) ou un monsieur Mystère.

Comme dans toute belle histoire, Marguerite, Vincent et Laure, ces enfants pas si sages, finissent par « tuer le père » et s’enfuir, fuir ce passé imposé et figé, sans laisser de traces derrière eux et se fondre dans Paris. L’apprentissage, différent selon le caractère de chacun, passe par la découverte de la consommation, de la valeur de l’argent, de l’accumulation de vêtements, de sortie, d’alcool, de culture… et de sexe !

Mais un ogre lâche-t-il ses proies ? Comme par magie, il ressurgira empli de haine et de vengeance. Je ne vous raconte pas la succulente scène finale, mais la question reste ouverte « Qui est véritablement l’ogre ? »

Écriture bien particulière de François Blistène qui nous entourloupe magnifiquement et surtout, le texte est de plus en plus drôle. J’avoue avoir laissé entendre mes petits rires de hyène de plus en plus fréquemment sur la seconde partie du roman. Et ça, c’était jouissif !

Je ne vous mets pas d’extraits, allez lire ce livre, non mais !

J’aurai le plaisir d’interviewer François Blistène le 6 novembre (demain) à 19h30 et je ne manquerai pas de lui demander pourquoi les femmes de Basse-Normandie apprécient les soutiens-gorge « rose-chair »… Rendez-vous au Thé des Ecrivains 16, rue des Minimes 75003 Paris.

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