Monsieur Frédéric Boyer, votre « tout petit texte » peut être une si grande et indispensable lecture

Pour ceux qui connaissent un peu mes goûts et mes lectures, il va paraître évident que je parle de Frédéric Boyer dont j’adore les textes, admire la langue et l’érudition. Un grand monsieur de la littérature contemporaine, je le réaffirme.

Vient de paraître aux éditions P.O.L, comme l’auteur le dit lui-même, un tout petit essai intitulé Quelle terreur en nous ne veut pas finir ? Tout petit par la taille peut-être, mais immense dans sa réflexion, son humanité, sa justesse et peut-être même dans son humilité. Dire que je trouve la lecture de ce livre absolument indispensable serait encore en-dessous de la réalité. Ce texte est nécessaire, absolu, brillant. Une réflexion sur l’identité, sur l’hospitalité, la naïveté d’avoir encore des émotions vis à vis de l’autre, plus malheureux que soi. Un texte qui sonne juste à mon oreille et qui est un imparable contrepoids aux pensées nauséabondes qui se répandent, qui s’installent et qui hélas se normalisent. Ces pages sont une claque, un réveil mais aussi un réconfort de voir que certains prennent le temps de réfléchir à ce qui se passe, de s’y opposer par l’intelligence, par les mots, de prendre la plume pour démontrer l’absurdité de ce renfermement sur nous-mêmes, de cette théorie dégueulasse du « grand remplacement ».

livre-quelle-terreur

ici un extrait lu par Frédéric Boyer : 

Je voudrais qu’on parle plus de ce livre, de ce qu’il contient, je voudrais que tous les libraires invitent Frédéric Boyer pour en parler, pour qu’il discute avec les lecteurs. Je voudrais en acheter des dizaines pour l’offrir partout autour de moi, pas comme on prêche la bonne parole, mais comme un geste salutaire et salvateur. Un livre qui fait appel à la mémoire contre l’aveuglement, à un peu de clairvoyance contre la bêtise actuelle de bons nombres de prêcheurs racistes d’Apocalypse. C’est un livre qui nourrit ma colère mais réussit à mettre des mots dessus. C’est un livre sur les peuples, sur l’espace, sur la peur, sur les fantasmes, sur l’incompréhension, sur (contre) le refus de l’autre. C’est un livre éthique, qui parle de morale (« La morale ne signifiant pas le jugement mais cette forme particulière du dilemne qui appelle le courage des sentiments »), un livre sur l’honneur contre la barbarie. C’est un livre qui me fout en croisade, mais je l’espère pour une belle et très humaine et sensible cause.

Ici, Frédéric Boyer parle de son texte et ça me laisse sans voix : 

J’ai acheté ce livre par hasard mercredi soir, sans savoir de quoi il retournait, juste parce que c’était écrit Frédéric Boyer sur la couverture. Depuis je l’ai lu trois fois, j’ai été en colère (pas contre les propos du texte mais contre notre époque), j’ai pleuré, j’ai souri et je n’ai de cesse de le rouvrir à n’importe quelle page depuis quatre jours. Ce livre me hante parce qu’il me questionne. Je suis bouleversée et j’avoue adorer ça.

Alors monsieur Boyer, vous dites une chose avec laquelle je ne suis pas d’accord, vous dites que c’est un « tout petit texte », un « petit essai ». Oui le format du livre est bien petit, le texte s’étale sur une centaine de pages, je vous le concède, mais votre texte est immense à mes yeux de simple lectrice qui s’interroge. C’est le texte que j’espérais, attendais depuis un moment. Je vous ai entendu dire en décembre dernier à un lycéen qui vous demandait « A quoi bon lire ? » que « Bordel lisez, c’est votre liberté de penser, c’est ce qui vous construit. » (si si je crois bien que vous avez dit « bordel », mais c’était tellement justifié)

Quelle terreur en nous ne veut pas finir ? en est l’illustration parfaite : je suis libre, je pense et je vous lis ou bien je vous lis, je pense et je suis libre. Et ma naïveté, mon innocence feront, je l’espère, face à la terreur…

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