Pierre Cendors / Archives du vent / Éditions Le Tripode / Rencontre/Monte-en-l’air

Jeudi 17 septembre à 19h, à l’occasion de la parution d’Archives du vent aux éditions Le Tripode, rencontre avec Pierre Cendors animée par Sophie Quetteville.

Aurélie est libraire depuis peu de temps. Elle aime choisir les livres, lire et conseiller, rencontrer auteurs et éditeurs, organiser des soirées, tenir boutique et débattre, mais Aurélie n’aime pas trop parler en public, questionner les auteurs, les faire parler et lire. Elle le fait parfois, mais d’autres le font mieux qu’elle, et puis Le Monte-en-l’air est chronophage avec son amplitude horaire, sa petite équipe, son rythme effréné d’évènements, ses 23 000 références, ses résidences et ses festivals, son bazar de libraire de fonds quoi !?

Sophie n’est plus libraire. Elle l’a été longtemps, libraire militante et fougueuse, animatrice hors paire, lectrice habitée, fine connaisseuse de la littérature contemporaine. Aujourd’hui, festivals et éditeurs font appel à elle pour animer des rencontres et défendre des auteurs et des livres. Ils ont bien raison !

Alors Aurélie s’est dit que prêter l’antre Monte-en-l’air à celle qui pendant des années a défendu la littérature en librairie à Paris serait une bien belle idée, que ce serait bien pour Le Monte-en-l’air et que peut-être ça plairait à Sophie et… Sophie a dit oui.

Voilà l’histoire….

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Ce n’est pas le Dogme qu’invente Egon Storm, le réalisateur mystérieux du cinquième roman de Pierre Cendors,  mais le Movicône. Reclus en Islande, c’est par l’intermédiaire de Karl Oska, à qui il envoie ses bandes, qu’il révolutionne l’histoire du cinéma, par un procédé étrange et vertigineux. Avant la fin annoncée du cycle, il disparaît, non sans laisser d’indices  … 

Quoi de plus naturel, pour l’auteur d’Archives du vent, féru de cinéma et passionné par les questions de l’image et de la représentation,  que de fêter la parution de son nouveau roman au Monte en L’Air ? Sur l’invitation de la librairie et de Sophie Quetteville, Pierre Cendors  abordera les rivages littéraires et artistiques qui nourrissent son imaginaire si singulier : Lars von Trier, Jean Cocteau, Orson Welles, Louise Brooks… Au programme : extraits et discussion.

« Les amateurs de littérature de l’imaginaire, de ceux qui trouvent habituellement leur bonheur du côté des auteurs anglo-saxons, apprécieront Archives du vent. Pierre Cendors joue pratiquement jeu égal avec les maîtres du genre, on ne peut s’empêcher de songer à « Lanark » de Alasdair Gray. L’histoire — qui réunit ici à l’écran Louise Brooks, Adolf Hitler, Marlon Brando et bien d’autres — enchâsse avec brio différents niveaux de réalité avec l’intention réussie de nous surprendre. » Patrick Varetz, auteur.

Librairie Galerie Le Monte-en-l’air

71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare

75020 Paris

Tél. : 01 40 33 04 54

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Les mots de la littérature prendront les âmes en filature à l’intérieur des gens

Atlas
Les mots de la littérature prendront les âmes en filature
à l’intérieur des gens.
Cette phrase issue de roman nouvellement paru de Goran Petrovic, Atlas des reflets célestes (coll. « Notabilia », éditions Noir sur Blanc) illustre parfaitement l’effet que ce livre insensé fera sur son lecteur. Quatrième texte traduit en français par Gojko Lukic, admirable traducteur et enthousiaste passeur de l’œuvre de Goran Petrovic, l’Atlas est en fait le premier roman de ce talentueux écrivain serbe que nous avons découvert il y a une douzaine d’années avec l’incroyable Soixante-neuf tiroirs (éditions du Rocher). Cet Atlas, véritable manifeste poétique des romans à venir, est un texte joyeux et mélancolique à la fois, parce qu’il touche aux rêves et à l’enfance, laisse entrevoir une humanité plus belle et peut-être un monde meilleur. Tout y déclenche sourires et émotions, l’envie que le temps ralentisse ou s’arrête pour que le livre, véritable fable philosophique, ne finisse jamais. On songe à la fantaisie d’Italo Calvino, au travail sur les mondes imaginaires d’Alberto Manguel (qui signe d’ailleurs la préface), on y avance comme on voudrait atteindre le sommet de la Tour de Babel, main dans la main avec Borges.

La construction (dont on ne dévoilera rien ici, aux futurs lecteurs de s’y perdre) est bluffante, dans un esprit loufoque. J’appelle ce genre de livre « un livre TOUT », tel Pour sûr de l’acadienne France Daigle (éd. Boréal) ou Physique de la mélancolie du bulgare Guéorgui Gospodinov (éd. Intervalles), ces livres foutraques dans lesquels, en déambulant dans l’esprit des personnages, on traverse le monde bien joliment en devenant un lecteur-voyageur.

Voilà je ne vous ai rien dit non plus des huit personnages qui vont vous trimballer dans leurs rêves, au pays des ombres, sur des cartes ni du ciel ni de la terre, luttent contre les Vides et ont une belle âme d’enfants.

L’Atlas des reflets célestes rend le lecteur lumineux et l’homme sensible et beau, dans une distorsion de l’espace et du temps. D’une poésie rare et belle, ces pages touchent en plein cœur par leur justesse, leur sensibilité émouvante et les portes de l’imaginaire et de la réflexion qu’elles ouvrent sans cesse. Un livre indispensable au bonheur !

Maladie d’automne
La mélancolique humidité se condense quelque part à l’intérieur de l’homme, celui-ci devient pareil à une feuille sèche, très beau, mais fragile. Il convient alors de ne l’approcher qu’avec grande précaution et c’est aussi de précaution qu’il doit user à son propre égard.

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A lire aussi de Goran Petrovic :

Soixante-neuf Tiroirs, coll. Motifs, éd. du Rocher
Sous un ciel qui s’écaille, Les Allusifs et 10/18
Le Siège de l’église Saint-Sauveur, Le Seuil

Mardi 15 septembre, à 19h, Goran Petrovic et Gojko Lukic seront à la Maison de la poésie de Paris : http://www.maisondelapoesieparis.com/events/goran-petrovic-atlas-des-reflets-celestes/